Le goût de la Rose
« Les buveurs seuls savent apprécier le
langage des roses et du vin… »
(Omar Khayam).
L’essence de rose, extraite des fleurs, s’obtient avec les espèces du Midi de la France ou de la Bulgarie.
Il faut au minimum trois tonnes de pétales pour fabriquer un kilo d’extrait
pur !
L’arôme d’une rose fraîche est fourni par l’alcool phényléthylique alors que celui d’une rose plus âgée correspond à l’expression du géraniol et surtout du bêta-citronellol.
La rose, sur les vins rouges, est l’apanage de grands crus assez vieux, mais elle se manifeste sous les nuances très diverses, comme les variétés de la fleur elle-même,
remarque Max Léglise.
Bien des vins de Bordeaux s’enorgueillissent de la finesse de leur bouquet
d’iris, de violette ou de rose ;
cette rose fanée, très distinguée, qui marque les grands crus de Pauillac ou de Margaux.
En Bourgogne, les Chiroubles se distinguent par leur arôme de rose un peu fanée et les vins de Beaune par celui de la rose fraîche.
La rose embaume aussi les vins blancs ; elle fleurit avec puissance dans le Gewurztraminer en Alsace et a cet avantage pour l’amateur d’y être très facile à reconnaître.
Elle s’harmonise à la délicatesse du Muscat dans la Clairette de Die.
Les grands vins rouges retenus pour leur très belle expression de rose :
A Bordeaux Margaux, Château Margaux, premier cru classé
Margaux, Château Palmer, troisième cru classé
Saint Julien, Château Ducru-Beaucaillou, deuxième cru classé
Pauillac, Château Lafite ROTHSCHILD, premier cru classé
Pessac-Léognan, Domaine de Chevalier, cru classé
En Bourgogne Beaune Premier Cru, « Les Vignes de l’Enfant Jésus », Maison Bouchard
Beaune Premier cru, « Les Grèves », cuvée Leblanc, Hospîces d’Allerey
Chambolle-Musigny Premier cru, « Les amoureuses », Comte Georges de Vogüe
Clos de la Roche Grand cru, Domaine Dujac (après quelques années de bouteille).
Mieux vaut respirer que de cueillir les roses,
Et les plus beaux jardins sont où l'on n'entre pas.
(Fernand Gregh) Extrait de Les Clartés humaines