LA VIOLETTE
La violette, cette petite plante herbacée, modeste et timide croît
spontanément
en France. Elle est cultivée dans sa variété Viola odorata non seulement
comme fleur ornementale mais aussi pour la parfumerie et pour la confiserie.
Elle avait, dans l'Antiquité et au Moyen Age, la réputation de dissiper l'ivresse :
les Grecs s'en faisaient des couronnes lors des banquets.
Tous les parfums de violette ont pour base l'alpha-ionone, dont la présence a
souvent été décelée dans les vins.
S'il est facile de dire que le "nez" d'un vin est floral, il est plus difficile de
préciser la fleur évoquée. Les nuances sont subtiles et sans l'appui de la vue,
la distinction entre fleurs est pour beaucoup d'entre nous difficile.
La senteur de violette, puissante et délicate est une des plus facilement
détectable et reconnaissable.
Elle signe la Romanée Conti et le Musigny mais laissons à Gaston
Roupnel, l'illustre écrivain bourguignon :
"Rien en bourgogne n'égale peut-être la ferme splendeur de
ces vins rouges
riches et corsés, d'une tonalité robuste. L'âge seul peut à la
longue
apaiser leur force presque barbare mais
quand les ans les ont mûris, ces grands vins sombres s'assagissent et se
parfument d'une odeur de printemps et de violette".
La violette se reconnaît aussi dans les crus les plus remarquables du Bordelais
(Pauillac, Margaux, Saint-Julien, Saint-Estèphe et plus rarement sur Pomerol)
au milieu d'une palette d'une richesse inouïe. C'est sur la commune de Margaux
qu'elle s'impose de la manière la plus évidente.
Elle parfume délicatement les meilleures cuvées de Chinon.
Bien longue serait la liste des vins d'Italie ainsi parfumés mais une mention
spéciale au Barbaresco du Piémont dont le parfum de violette s'accentue
avec le vieillissement.
Dans les grandes années, on le retrouve sur les vins blancs de la vallée du
Rhône, Condrieu et Château-Grillet, tous deux issus du cépage Viognier.
Par essentiel
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Publié dans : Sens : le goût
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