LE CHAMPAGNE


Les vignes de Champagne figurent parmi les plus anciennes d'Europe. Il se pourrait
qu'on ait fait du vin blanc avant l'arrivée des Romains, mais rien ne le prouve.
Les Romains encouragèrent la viticulture en Champagne comme partout en Gaule.        

A l'origine, le vin de Champagne n'était pas mousseux
et concurrençait celui de Bourgogne. Les deux provinces
rivalisèrent et leur dispute finit par se résumer en cette
question : lequel des deux vins est le meilleur pour la
santé ? Le problème fut enfin résolu par les médecins de
la cour de Louis XIV qui se prononcèrent en faveur du
Bourgogne. Les mousseux ne progressèrent guère en
Champagne jusqu'au XVIIème siècle.
C'est alors, dit-on, que les découvertes d'un moine bénédictin, Dom Pérignon, bouleversèrent les méthodes de vinification.

Tous les vignerons ont remarqué que certains vins fermentent de nouveau au printemps et que, si leur gaz ne peut s'échapper, ils moussent et en général font éclater le récipient qui les contient. On appelait ces vins saute-bouchon, ou vin diable.

Dom Pérignon (ou l'un de ses contemporains) comprit que la pression qui s'élevait dans le breuvage était due à la présence de gaz carbonique.
Il recommanda d'utiliser des bouteilles beaucoup plus solides. Jusqu'alors, en général, les bouchons n'étaient pas en liège, mais en coton ou en tissu imbibé d'huile. On se mit alors à en faire de plus épais et à les lier avec une ficelle. On lui attribue aussi le mérite d'avoir été un des premiers à mélanger les vins de Champagne qui, pour la plupart, ont besoin des qualités que seul l'assemblage peut donner.
Ce moine bénédictin était maître de chai à l'abbaye d' Hautvillers depuis quarante-sept ans quand il mourut en 1715.

Il faut souligner également les travaux réalisés à la même époque par Dom Oudart, cellérier de l'abbaye de Saint-Pierre-aux-Monts à Pierry, qui permirent alors des progrès considérables dans la vinification du vin de Champagne. Jean Oudart fut un des premiers à préférer les bouchonsde liège espagnol aux vieux bouchons de bois et d'étoupe.
Il est plausible que les deux moines se soient connus et qu'ils aient pu confronter leurs expériences oenologiques.
Par L'Art de Vivre - Publié dans : Quand l'histoire s'en mêle... - Communauté : Oenologie
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